Appel à contribution colloque international

« Malraux, Senghor – À la recherche des seuils culturels »

Lieu du colloque : Université Assane Seck à Ziguinchor (Sénégal)

Dates : 14 et 15 juin 2023

Format : Hybride (présentiel/distanciel).

Résumé :

Le colloque se veut d’abord une réflexion permettant d’explorer la notion de seuils culturels. Les sujets de mise en relation et de déclosion du monde sont au cœur de la pensée de nombreux intellectuels contemporains sur différents continents. La rencontre de Malraux et de Senghor sur le terrain de la différence essentielle permet au premier de s’ouvrir à l’altérité africaine (1), au second de renverser le négatif en positif. Pour Malraux et Senghor ce qui définit l’homme en propre n’a de sens que dans la mesure où cela est destiné à être mis en commun : civilisation du métissage, musée imaginaire…. Prenant appui sur la rencontre entre les deux hommes, la réflexion ouvrira de nouvelles perspectives pour l’exploration des seuils culturels. Les archives littéraires et artistiques auront une place de choix dans ce travail. L’objectif de cette rencontre scientifique est de réunir les chercheurs de divers horizons et d’éveiller les consciences sur l’importance des interactions entre l’art, la littérature, les cultures pour explorer la question des seuils au delà d’une frontière ténue et souvent invisible à la conscience.

Argumentaire :

La question des seuils interpelle nombre de disciplines. Elle est posée par les sciences exactes et par les sciences humaines au centre des notions qu’elles définissent. Si les seuils nous confrontent à l’expérience de la limite et de l’identité, ils nous renvoient à une pratique collective et à une forme de « revenir chez soi » dans le domaine culturel. 

La notion de seuils culturels peut être interrogée par la perception que nous en avons en tant qu’espace/temps privilégié permettant à l’homme un retour sur l’œuvre selon un principe anthropique.  

Ainsi lorsqu’il est question de cultures, la notion de seuil se déplace pour rejoindre l’interstice donnant accès à l’art, à la spiritualité, à l’affectif, à l’intelligibilité. Quelle que soit leur essence, les seuils culturels nous imposent l’environnement social dans lequel nous sommes et notre relation au monde.

La politique, la culture, le militantisme, mais aussi la complémentarité entre la notion de « culture universelle » et de « civilisation de l’universel » sont autant de domaines qui ont rapproché Malraux et Senghor.

Culturellement éloignés de l’un de l’autre, chacun à sa manière a cherché à franchir le (les) seuil (s)   donnant accès à la culture de l’autre.  Malraux et Senghor se sont engagés pour réhabiliter et valoriser la culture africaine, pour défendre la dignité humaine mettant en avant la différence et le métissage comme élément de richesse du vivre-ensemble.   

Dans les derniers chapitres de L’Intemporel Malraux réfléchit sur le problème de la puissance d’annexion du Musée Imaginaire ; il étudie tout ce qui est à la marge ou sur le seuil du Musée, tout ce dont l’annexion ne va pas de soi comme tout ce qui, au sein du Musée Imaginaire, le met en question comme les arts d’Afrique (2). Pour Malraux l’art nègre représente l’ouverture d’un monde, le passage du clos à l’ouvert. « Dans ce monde clos, comment un masque nègre fut-il devenu œuvre d’art ? Aussi ne l’est-il devenu que lorsque ce monde cessa d’être clos. » (3)

Dans ce jeu avec la limite, cette dialectique de l’Universel (le musée) et du Particulier (les œuvres d’Afrique) signe la rencontre et le dialogue fécond entre Malraux et Senghor au cœur de l’exploration des seuils culturels.

Les approches historique, générique, littéraire, artistique et comparatiste de Senghor permettent de comprendre la vertu nourricière du dialogue des cultures, sa culture de lait a été « le lit frais » de ce qu’il a ultérieurement systématisé en une théorie de rencontre et de dialogue d’hommes et de cultures : la Civilisation de l’Universel.

La rencontre Senghor-Malraux a ainsi symbolisé la reconnaissance mutuelle de l’origine et de la dimension universelle qui est l’unique espoir de construire une renaissance de l’homme sur les ruines du passé, les décombres et les espoirs du présent.  Cette renaissance est possible par une connaissance poétique et artistique liée à la connaissance scientifique. Tout amour de la sagesse et de l’esprit, toute philosophie et toute spiritualité en dépend comme de la racine vivante, cachée et sacrée, qui seule nous fait survivre.

  • 1 Raphaël Lambal (dir.), Malraux et l’Afrique, Paris, Présence Africaine, 2012.
  • 2 André Malraux, Œuvres complètes, Tome V, Paris, Gallimard, 2004, p. 884. Jean-Pierre Zarader, Malraux. Dictionnaire de l’imaginaire, Paris, Klincksieck, 2017. Voir surtout le chapitre intitulé « Fétiches », p. 125-129.
  • 3André Malraux, Œuvres complètes, Tome V, Paris, Gallimard, 2004, p. 884.André Malraux, Œuvres complètes, Tome V, Paris, Gallimard, 2004, p. 884.

En prenant appui sur les liens qui unissent Malraux et Senghor nous explorerons la vaste question des seuils culturels au cours de ce colloque qui s’organise dans l’alliance des sciences, des arts, de la littérature et des cultures avec la contribution artistique des étudiants de l’Institut Supérieur des Arts et des Cultures (UCAD-Dakar) et du département culture de l’université Senghor d’Alexandrie (Egypte).

Trois axes seront explorés :

  • Arts africains et seuils culturels 
  • Les liens entre Malraux et Senghor au service d’une citoyenneté mondiale 
  • Formation et partage des cultures

Responsables du colloque et de son organisation

Jacqueline BERGERON, Expert International Systèmes Enseignement Supérieur et Recherches, Présidente d’Erasmus Expertise (France), Responsable du programme de recherche sur les seuils jbergeron@erasmus-expertise.org

Raphaël LAMBAL, Maître de conférences en littérature française moderne et contemporaine, spécialiste d’André Malraux, critique littéraire. Département de Lettres Modernes de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal). rlambal@univ-zig.sn

Modalités de soumission des contributions :

Les propositions de communication devront être envoyées sous format Word ou RTF à l’adresse suivante colloque@erasmus-expertise.org

Elles devront comporter le nom et le prénom du communicant (e) l’établissement d’affiliation, l’adresse électronique, le titre de la communication et l’axe retenu ainsi que le résumé qui ne doit pas dépasser 2500 signes (espaces compris). Suite à une présélection des contributions par le comité scientifique, vous adresserez, le cas échéant, votre contribution complète.

Télécharger l’appel à communication ici

Calendrier :

  • 20 décembre 2022 : date limite de réception des propositions.
  • 28 février 2023 : notification d’acceptation aux auteurs
  • 31 mai 2023 : réception des contributions complètes pour les propositions retenues par le comité scientifique

Remarque : Une priorité sera donnée aux communications des étudiant(e)s doctorant(e)s et jeunes chercheurs(ses) qui apporteront une contribution à la réflexion à partir de différentes entrées disciplinaires.   

Comité scientifique du colloque :

Florian ALIX, Maître de conférences en littérature française, littératures francophones- Sorbonne Université- Paris (France)  

Denis ASSANE DIOUF, Enseignant de lettres modernes à la faculté de lettres et sciences humaines UCAD- Dakar (Sénégal)

Souleymane BACHIR DIAGNE, Professeur à l’université de Columbia, New-York. Président du conseil scientifique d’Erasmus Expertise (Sénégal/Etats-Unis)

Jacqueline BERGERON, Expert International Systèmes Enseignement Supérieur et Recherche, Présidente du réseau Erasmus Expertise, responsable du programme de recherche sur les seuils- Bordeaux (France)

Andrée-Marie DIAGNE, Enseignante à la Faculté des Sciences, de Technologie et d’Education- UCAD- Dakar (Sénégal)

Babacar MBAYE DIOP, Enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop- UCAD- Dakar (Sénégal),département de philosophie, Directeur de l’Institut Supérieur des Arts et des Cultures (ISAC), centre de formation intégré à l’UCA

Cheikh Mouhamadou Soumoune DIOP, Professeur de littérature comparée, directeur de l’UFR Lettres, Arts et sciences humaines de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal).

Sophie DOUDET, Maître de conférences en Littérature française à l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence (France)

Romuald FONKOUA, Professeur de Littératures francophones à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université, Paris (France)

Jean-Louis JEANNELLE, Professeur de Littérature du XXème siècle à Sorbonne Université, Paris (France)  

Raphaël LAMBAL, Maître de conférences en littérature française moderne et contemporaine, spécialiste d’André Malraux, critique littéraire. Département de Lettres Modernes de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal).

Christine LE QUELLEC COTTIER, Professeure associée et membre du conseil scientifique de l’université Senghor (Egypte) 

Carlos LOBO, Philosophe spécialiste de phénoménologie. Directeur de la revue Intentio ; membre du conseil d’administration et du conseil scientifique d’Erasmus Expertise- Bordeaux (France)

Ribio NZEZA BUNKETI BUSE, Directeur du département Culture de l’Université Senghor d’Alexandrie (Egypte)

Christos NIKOU, Enseignant-chercheur au Département d’Études internationales et européennes de l’Université du Pirée- Athènes (Grèce)

Yves OUALLET, Maitre de conférence en littérature à l’université du Havre ; membre du conseil d’administration et du conseil scientifique d’Erasmus Expertise – Bordeaux (France)

Eugène TAVARES, Professeur de littératures lusophones, Département de Lettres Étrangères Appliquées l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal).


[1] Malraux, Œuvres complètes, Tome V, Paris, Gallimard, 2004, p884