Malraux, Senghor et les seuils culturels

Dans le cadre de notre programme de recherche sur les seuils, nous allons plus avant dans l’alliance des arts, des sciences, de la culture et de la littérature en engageant une nouvelle collaboration avec le Centre de Recherche Interdisciplinaire sur les Langues, les Littératures, l’Histoire, les Arts et les Cultures (CREILHAC) de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal) (UASZ) et l’Institut Supérieur des Arts et des Cultures (ISAC) de Dakar (Sénégal)

Le programme engagé avec ces partenaires se structure en trois étapes :

  • Deux journées d’études les 20 et 21 janvier 2022 autour du thème « Malraux, Senghor et les seuils culturels »
  • Un colloque international en novembre 2022 organisé sous le patronage de l’UNESCO
  • Un projet de chaire UNESCO intitulée « Malraux, Senghor et les seuils culturels » à l’horizon 2023 ancré au sein du programme seuil structuré en collaboration avec l’ISAC/UCAD de Dakar et le CREILHAC-UASZ de Ziguinchor. Cette collaboration confortera l’alliance arts, cultures, sciences qui constitue la toile de fond du programme seuil dirigé par Erasmus Expertise

Les journées de janvier permettront dans un premier temps un travail de construction et de coopération entre le réseau Erasmus Expertise, l’ISAC (UCAD) et le CREILHAC-UASZ. Nous situerons le colloque international en lien avec le projet de Chaire Unesco.

Accéder à l’avant programme des journées d’étude ici

Pourquoi un projet de Chaire UNESCO intitulé « Malraux, Senghor et les seuils culturels » ?

Dans la lutte pour la réhabilitation et la valorisation de la culture africaine, la contribution d’André Malraux, invité du premier festival mondial des arts nègres à Dakar en 1966, fut un apport majeur : « L’Afrique est assez forte pour faire son propre musée imaginaire toute seule à la seule condition qu’elle ose le faire »[1]. Cet homme politique français et son intérêt pour l’Afrique noire semble naitre de sa passion pour l’aventure, l’art, l’imaginaire de la légende et la politique[2].

Au discours d’André Malraux, Léopold Sédar Senghor réplique « Avant notre indépendance nationale depuis quelques vingt ans, nous n’avons jamais cessé de bâtir notre politique sur le dialogue dans tous les domaines mais fondamentalement dans le domaine de la culture car la culture est le fondement et le but du développement…. Pour dialoguer avec les autres…. Il nous faut nous nègres être enfin nous-mêmes dans notre dignité dans notre identité retrouvée…. en cultivant nos valeurs propres telles que nous les avons retrouvé aux sources de l’art nègre »[3].

Léopold Sédar Senghor a toujours cherché à exprimer quelle philosophie se lit dans les arts plastiques, les danses et les chants africains. Cette attitude de déchiffrage serait la vérité de sa philosophie. Avec beaucoup de bonheur, il a mis à jour une ontologie dont les arts africains constituent le langage privilégié.

La rencontre des deux hommes lors du festival de 1966 fut déterminante et marqua l’interrogation de la dimension africaine de l’œuvre à travers l’engagement politico-culturel de Malraux et la posture philosophique de Senghor.  Des seuils culturels ont été franchis, nous proposons de revenir sur cette notion au cours de deux journées d’étude afin de mieux les explorer et identifier les points d’ancrage sur lesquels appuyer le projet d’une Chaire Unesco. Nous envisagerons comment l’alliance des arts, des sciences, de la culture et de la littérature constitue un levier pour renforcer les capacités des départements facultaires des universités les plus éloignées sur différents continents à création de formations de type Master (dans le cadre de la chaire Unesco).

Les étudiants de l’ISAC et les doctorants du CREILHAC-UASZ seront conviés à proposer des créations en lien avec le thème « Malraux, Senghor et les seuils culturels » dans le cadre du partenariat EE/ISAC/CREILHAC-UASZ lors des activités développées.

Pour en savoir plus : contact@erasmus-expertiseorg


[1] Extrait du discours d’André Malraux lors de l’ouverture du festival en 1966

[2] Actes du colloque international – Ziguinchor, Sénégal – 15, 16, 17 décembre 2011
réunis par Raphaël Lambal

[3] Opus cite